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Saint Nicolas et les enfants au saloir

Cette sculpture nous raconte la légende hermétique de saint Nicolas et des trois écoliers au saloir.
Il s’avère parfois difficile de distinguer quelle aura été l’influence réelle des versions littéraires, très diffusées dans les campagnes, sur des versions plus traditionnelles et certainement plus naïves.
Quoiqu’il en soit, cette complainte, connue également sous le titre de « Saint Nicolas et les enfants au saloir », est bien éloignée de la douce et gaie chanson enfantine du saint Nicolas, patron des écoliers.

Entre points communs et points divergents, la chanson narre toujours la mésaventure de trois innocents demandant asile pour la nuit à un aubergiste. Ce dernier, de lui-même ou sur les conseils de sa compagne, décide de les tuer, de les découper et de mettre au saloir leurs chairs préparées, par souci d’avarice et de gain facile.
Le crime reste impuni jusqu’à la venue de saint Nicolas, averti par des anges, sept années plus tard. Nicolas demande à son tour un souper à l’assassin qui lui propose différentes viandes, toutes refusées par le saint homme. Le visiteur désigne plutôt le saloir où sont conservés les corps des petites victimes et ressuscite alors les trois enfants qui croient s’éveiller d’un long sommeil.

Nicolas devient ainsi, après avoir été le patron des pauvres, des mariniers, des délaissés, le protecteur des enfants. Il retient l’aubergiste, qui, son forfait découvert, cherche à s’enfuir, l’enchaîne à son âne et le garde auprès de lui pour le punir. Il devint le père Fouettard ou Père Le Noir, être mauvais, dont le rôle est de réprimer les enfants désobéissants et les cancres, fort de son caractère violent et irascible, nous connaissons dans nos terres normandes le « Père la pouque », celui qui enlève les enfants dans une pouque. Toujours vêtu de noir, caché sous une cagoule et une épaisse barbe noire, il incarne en somme tout l’opposé de saint Nicolas, qui lui arbore une belle barbe blanche, des vêtements colorés d’évêque mauve et blanc, une crosse dorée à l’origine, puis rouge et blanche, tout ceci les rapproche tous deux couleurs de l’œuvre alchimique du Père Noël actuel.

Mais qu’en est il du sens alchimique de cette histoire ?

Les trois enfants arrivent la nuit. L’aubergiste Pierre Lenoir réduit les trois principes en une poudre impalpable et les met au creuset comme ferait un alchimiste en voie sèche. Saint Nicolas sept années après, comme les sept couleurs successives apparaissant dans le ballon comme le ferait l’alchimiste en voie humide, voit s’enfuir l’aubergiste lorsque la matière est délivrée, il « coagule » et ressuscite les trois enfants après qu’ils aient été par Le Noir « solve » (fragmenté – séparation des trois principes).
L’opération alchimique de séparation, de purification puis de ré-assemblage « coagula » des trois principes « Soufre, Sel, Mercure » est ainsi réalisée et contée dans cette légende.
On pourrait faire une analogie dans cet esprit entre cette légende et le mythe d’Isis et d’Osiris… Voyez comme les comptines peuvent cacher à dessein un enseignement hermétique !

Extrait « Rouen symbolique – Rouen alchimique » p.166-168

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Rouen Alchimique

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